• Kathy

Mon récit d'accouchement en maison de naissance

À l’aube des 2 ans de ma belle Florence Joy, j’ai pris plaisir à me remémorer cette journée exceptionnellement spéciale de mon premier accouchement. C’était il y a 2 ans jour pour jour aujourd’hui.

Ma date prévue d’accouchement était le 7 avril selon l’échographie (mais à priori, avant l’écho-dating, on m’avait dit le 30 mars). Alors, quelque part dans ma tête, je me disais que ça arriverait probablement entre les deux.


Le 1er avril à 4h du matin, je me suis réveillée, comme à l’habitude (parce que je me réveillais plusieurs fois par nuit!) pour aller au toilette. C’était un peu bizarre les pertes que j’avais, alors j’ai fouillé sur les zinternets. Apparemment, je commençais à perdre mon bouchon muqueux !


Je retourne me coucher.. Vers 6h je me réveille à nouveau et dès que je me lève je sens que j’ai du liquide qui coule. Je n’ai pas eu la chance de ‘crever mes eaux’ de façon glorieuse comme dans tout bon film de femme enceinte. Ça peut arriver que la membrane se fissure ailleurs et que les pertes de liquide se fassent plus lentement. Mon corps continue sa démarche et j’ai ma première mini contraction, une genre de crampe de règle légère, à 6h30.


Je ne peux m’empêcher d’écrire à ma mère, même s’il est vraiment trop tôt pour un samedi, que le travail est commencé. Je lui jure en même temps que ce N’est PAS un poisson d’avril ! S’il y a bien une date à laquelle je ne voulais pas accoucher, c’était celle-là ! Mais ça l’air que ce n’est pas nous qui décidons ;-)


Je retourne me coucher, sans m’endormir. Et par curiosité, je regarde l’heure entre chaque crampe… 3 minutes seulement entre chacune. Oh boy, ça commence raide !

À 7h30 je décide de communiquer avec la sage-femme de garde - appelons là Karo pour l’histoire - (car ce n’était pas le weekend de ma sage-femme attitrée - disons qu’elle s’appelle Rachelle). Elle me dit qu’elle sort à peine d’un accouchement et qu’elle doit aller se coucher. Elle me conseille d’aller prendre un bain et de la recontacter s’il y a quoique ce soit. Elle prend soin de me mentionner que c’est le jour, que c’est un premier bébé et que ça va surement se calmer. Alors on prévoit se reparler vers 16h.



Entre temps, je mange mon dernier repas en tant que femme enceinte (tu peux voir sur la photo que je suis remplie de joie!) et je télécharge une application pour monitorer mes contractions. Je publie un ‘screenshot’ à ma gang du Studio KinéKat Santé pour qu’elles m’envoient des ondes positives, mais elles croient fortement que je leur fais un poisson d’avril !











J’appelle aussi une amie, qui a sa formation de sage-femme, qui me donne généreusement de son temps, de son attention et qui me réconforte un peu. Apparemment, c’est rare les accouchements de jour. Comme c’est le système nerveux parasympathique qui est en charge de l’accouchement, le travail commence habituellement en soirée ou la nuit. Mais elle me mentionne que c’est une journée sombre et grise, que ça pourrait arriver que le travail se poursuive tranquillement.


Vers 11h30, je recontacte ma sage-femme Karo pour lui dire que j’ai encore des contractions au 3 minutes et qu’elles durent environ 30 à 45 secondes chacunes, pis que je commence à être pas mal inconfortable.

Elle me propose de me mettre en contact avec une autre sage-femme, parce qu’elle doit dormir (WTF que je me dis dans ma tête! Pour vrai, j’accouche moi là là, tu dormiras après!!) Mais bon, l’autre sage-femme, que je ne connais pas (appelons là Maria) me rappelle et on jase pour 5 minutes. Je dois interrompre 2-3 fois notre conversation pour prendre mes contractions pendant notre appel (de 5 minutes seulement...)


On convient donc de se rejoindre à la maison de naissance à 14h (il est juste 12h30, au secours!). Je trouve ça pas mal douloureux et intense. Quand je me tiens debout, c’est encore pire.


J’avais appris plein d’exercices à faire pendant le travail pour aider à faire descendre le bébé et accélérer le processus. J’ai RIEN fait PENTOUTE, juste me tenir debout était un challenge. Petite parenthèse, j’ai une méga phobie de vomir, alors j’étais bien stressée pour mon accouchement. Et quand je devais marcher ou rester debout, oye que ma tête se mettait à tourner et que je me sentais faible.


Pas besoin de te dire que j’ai trouvé la ride de char de 30 minutes pas mal longue. J’avais ma poubelle avec moi (sté au cas que je vomisse!) J’avais vraiment hâte d’arriver et de rencontrer Maria.


Enfin, on est là. Il est 14 heures, elle m’examine et je suis dilatée à 7. Y’a donc pas de doute, j’accouche !!!

Je prends un bain, qui me semble interminable et oh combien inconfortable. Moi qui voulait peut-être accoucher dans l’eau, OUBLIE le projet ! Je décide de sortir parce que vraiment, je ne suis pas bien. Ça me pousse dans le derrière et c’est pas cool du tout.


Elle m’examine à nouveau et je suis rendue à 9. Elle me dit : «OK, je vais aller me changer et appeler mes gens. Je reviens dans 30 minutes». Appeler ses gens... je ne comprends pas trop de quoi elle parle, parce que dans ma tête à moi, l’accouchement ça se passe entre mon chum, moi et elle. C’est qui les autres ? - Je te reparle dans un autre article de ma préparation à l’accouchement ;-)


Et ma prochaine pensée est : elle sort de la chambre et revient dans 30 MINUTES ?!?! Quessé qui se passe ici !!! Je suis passée de 7 à 9 en moins d’une heure et elle croit que je ne serai pas rendue à 10 dans 30 minutes? Comment ça qu’elle ne reste pas avec moi pour me dire des encouragements et m’expliquer ce qu’il se passe ? Elle sort de la chambre... Je capote... Mais c’est normal, j’accouche et c’est ma première fois! Elle, elle en a vu d’autres (pis de toute façon, c’est mon premier bébé, c’est le jour, ça ne se peut pas que j’accouche aussi vite, right ? - je suis un peu sarcastique ici).


Cinq minutes plus tard, je dis à mon chum d’aller la chercher, ça fait vraiment trop mal. J’ai l’impression que la petite va me sortir par l’anus. No joke !


Finalement, elle m’examine encore et me dit : «Oh tu es complète, c’est le temps de pousser !!!» Pas besoin de te dire qu’elle n’avait pas eu le temps de se changer !


Alors, j’essaye de pousser. Mes abdos se contractent comme jamais ils ne se sont contractés de toute ma vie. J’écrapoutie de plus en plus la main de mon chum à chaque poussée. Je crie… fort… WHAT? Je pensais que je serais super zen… Nope!


Maria fini par me dire, assez fermement mais remplie de bienveillance, une phrase qui me fait rire aujourd’hui et dont je me souviendrai toujours: «Un peu moins de voix et un peu plus de poussée». OK boss, faut que la p’tite sorte de là, son coeur a commencé à ralentir et on voit sa tête ça l’air.



15h59. On rencontre notre belle Florence Joy pour la première fois. C’est l’amour total.


Sauf que là, je ne sens plus aucune contraction et il me reste du travail à faire ça l’air. Maria me laisse rencontrer ma fille, on coupe le cordon et tout. Mais le placenta est encore pogné là pis ça sort pas pentoute. Moi qui pensait que j’avais fini ma job ! Elle me demande de pousser, mais je ne sais même pas si je contractais quoique ce soit.


Après plusieurs tentatives et beaucoup de patience de Maria, elle me dit qu’elle n’a pas le choix d’aller le chercher. Honnêtement, je ne me souviens même pas si ça fait mal. Mais je pense que oui !

Et là, ça a un peu dérapé. J’ai vraiment beaucoup saigné. Elle a regardé très sérieusement sa collègue et a ordonné d’appeler l’ambulance au plus vite. L’AMBULANCE ! Mais je ne veux pas aller à l’hôpital, je ne veux pas laisser ma fille à la maison de naissance et partir toute seule. Une immense PEUR s’est emparée de moi… J’ai regardé mon chum et je lui ai dit en pleurant : «Je ne veux pas MOURIR».


Maria, solide comme le rock, m’a regardé dans le blanc des yeux et m’a dit: «Là, concentre-toi à arrêter de saigner.» Je tente d’assimiler ça et de comprendre ce que je dois faire, mais c’est pas trop clair.. Je me dis simplement dans ma tête: «Je me concentre à arrêter de saigner!»


Et là, une personne que je n’avais jamais vu avant rentre dans la chambre, me pique dans le bras, me mets des trucs sous la langue et quelqu’un me rentre des trucs dans l’anus. WO minute ! Si Maria se rappelle une chose de cet accouchement là, c’est ma phrase bête: «Qu’est-ce que tu mets dans mon anus?!» Drôle aujourd’hui, mais maudit que j’étais pas contente sur le moment (même si c’était pour arrêter mon hémorragie, j’aurais aimé qu’on m’avise, mettons!)


Finalement, j’ai arrêté de saigner. Quand les ambulanciers sont arrivés sur place, ils n’ont pas eu besoin d’intervenir. Tout était sous contrôle. Je n’avais pas besoin de me séparer de ma petite cocotte ni de me rendre à l’hôpital. Et surtout, ma vie n’était plus en danger.

Alors voilà, c’est possible, même pour un premier bébé, même le jour, d’accoucher en 12 heures top chrono.


Merci de m’avoir lu jusqu’ici =)


Maintenant, dis-moi, comment ça s’est passé ton accouchement toi? As-tu accouché le jour, la nuit, le travail a été rapide ou long ? J’ai hâte de lire ton histoire <3


Kathy xo

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© 2020 par Kathy landry